Quand et comment savoir dire non au travail

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gestion de conflit au travail

Pour dire oui, il faut savoir dire non » François Mitterrand.

En reprenant cette citation et en l’adaptant aux personnes que nous accompagnons au travail, je dirais que savoir dire non aux autres c’est s’offrir la possibilité de se dire oui à soi même… Et oui !

C’est même une grande partie des enjeux de cette capacité à mesurer objectivement une situation et prendre une décision écologique pour vous et l’autre. Cela sera un non ou un oui selon votre analyse et votre décision raisonnée.

Concernant le cas (un peu) particulier de dire non à son N+1 ou N+2, nous développerons ce point un peu plus loin, car il peut, dans ce cas, être intéressant d’étudier comment dire oui… et faire comprendre ce que cela implique dans le cadre de votre travail.

Parlons d’une collaboratrice que nous avons coaché pendant quatre mois sur son développement en terme d’assertivité (affirmation de soi et de ses opinions). Marie est une collaboratrice et une collègue facile, elle est disponible et souvent prête à aider sur un dossier ou une demande de dernière minute. Elle reste souvent plus tard le soir car elle doit finir de boucler des dossiers ou faire ce qu’elle à accepté de faire pour « dépanner » tel ou tel collègue.

Marie ne sait pas dire NON, et ainsi elle dépense une bonne partie de son énergie sur des taches et priorités d’autres personnes. Ce qui à souvent pour conséquence de l’obliger à repousser ses propres priorités. Comble de tout, ce comportement qu’elle croit vertueux et aidant à avoir une bonne image auprès de son responsable ou ses collègues fini par lui jouer des tours. En effet « elle est toujours en retard sur ses plannings » ou n’est pas forcément la meilleure ressource pour régler tel problème » (évidemment, car pour faire plaisir elle accepte de sortir de sa zone de compétence).

Savoir dire non au travail, c’est compliqué…

dire non au travail

(DR)

Oui mais voila, dire non c’est compliqué car cela nous amène à affronter quelques croyances personnelles fortement ancrées au fond de nous depuis l’enfance…

Dire non, pour Marie, est perçu comme la négation d’aider son prochain, de lui donner de l’attention, de l’assister, de se sentir importante voire indispensable (une façon inefficace d’améliorer sa confiance en soi)…

Mais qui à décrété cela ? que se passerait il si vous ne disiez pas oui ? …

 Dire oui trop souvent cela peut avoir des désavantages dont Marie n’était pas consciente : vous perdez en légitimité et votre avis perd de son importance pour les autres ; perdre un peu plus de votre estime de soi ; affaiblissement de votre capacité à être bien au travail, à laisser s’exprimer votre vrai potentiel ; parfois, même agir contre vos valeurs profondes, etc…

Savoir dire non au travail est une compétence !

Nous ne sommes pas tous égaux devant le pouvoir de dire non. Pour certains comme Marie, cela renvoi à la crainte de déplaire, à son besoin d’être appréciée, à la croyance erronée qu’il est mieux de cacher ses émotions et de donner une apparence, une image que l’on pense être celle attendue par les collègues ou supérieurs… Pour d’autres ce sera la confusion entre le fait d’exprimer un avis ou une décision négative et penser que cela est agressif et risque de créer un « conflit » négatif.

Savoir dire non à son chef ou ses collègues

Voici quelques pratiques que nous partageons avec nos clients lors de coaching en les adaptant aux profils et personnalités de nos coachés. Car une fois le travail de réflexion et d’intériorisation réalisé, presque tout le reste est question de forme.

1/ Prenez le temps d’identifier ce qui est important pour vous et reconnaître ce qui ne l’est pas. Je parle ici de ce qui est aligné avec vos valeurs et ce qui vous « fait du bien », ce qui libère votre énergie et votre performance. Si vous ne savez pas à quoi vous voulez passer votre temps, vous ne saurez pas non plus clairement ce à quoi vous ne voulez pas passer votre temps !

2/ Observez les faits, le contenu de la demande et expliquez.

Si vous considérez que votre réponse devrait être un non, prenez conscience que ce n’est pas à la personne qui demande que vous dites non, mais à la situation, à la demande elle-même!

Vous pouvez par exemple remercier le demandeur, souligner les qualités de celui-ci et en même temps lui expliquer que : vous n’avez pas les meilleurs compétences, le temps nécessaire avant x jours, etc pour répondre positivement à sa demande (il est important pour vous et pour le demandeur de comprendre les raisons objectives d’un refus) et s’il insiste, vous pouvez confirmer vos arguments sans entrer dans une justification excessive qui serait contre productive pour vous.

Parfois cela peut vous aider de proposer une alternative écologique pour vous : « je ne peux répondre favorablement à ta demande car j’ai déjà de nombreuses tâches à réaliser dans ces délais. Par contre si tu le souhaites, dans x jours nous pouvons passer une heure pour étudier d’autres possibilités ».

3/ exercez vous petit à petit, commencez par dire non dans des situations sans enjeux (refuser une baguette trop cuite et la demander moins cuite…). Fixer vous des objectifs quantitatifs et contextualités (x fois par jour, dans telle et telle situation non pro ou pro…). Vous pouvez aussi faire cet exercice mental: imaginez vous dans le futur, décrivez la situation imaginaire en détail et observez vous en train de dire non ! Entendez le son de ce mot, prononcez le … la Programmation Neuro-Linguistique a démontré l’efficacité de ce genre d’exercice.

4/ Pour améliorer votre capacité à vous sentir mieux et dire non parfois, vous devrez vous entrainer et encore vous entrainer. Soyez patient, cela peut prendre des mois ! mais soyez bienveillant et patient avec vous-même, il est probable que parfois vous allez culpabiliser. Faites ce que vous pouvez et vous progresserez, même à petits pas… Ce qui compte c’est de continuer vos exercices quotidiens et célébrer vraiment chacune de vos petites victoires.

Comment dire non à son supérieur, son N+1 ?

 Le cas (un peu), particulier de dire non à son N+1 nécessite le même travail que dire non à ses collègues ! C’est plutôt dans la forme du « refus » que nous vous conseillons une autre présentation.

Partons du principe que votre manager, votre supérieur est apte à évaluer votre charge de travail, votre compétence et que s’il vous demande de réaliser une tache de plus, même si vous êtes déjà « surbooké ». Donc vous n’avez qu’a accepter…

Quelle croyance vous permet elle de considérer qu’un supérieur ne se trompe jamais ? Un peu comme vos parents lorsque vous étiez petit… ?

Peut être convient il de valider la demande, la reformuler pour vérifier que vous l’avez bien comprise et ensuite résumer votre contexte en reprenant votre charge de travail , etc. Un manager appréciera toujours un collaborateur qui respectueusement l’alertera sur une autre vision d’une situation, sur une mise en garde ressentie réellement par ce collaborateur.

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thierry Pacaud coach de dirigeant

Thierry Pacaud  Dirigeant, Coach Systémique exécutif, praticien en PNL | Président du Cercle pour la Motivation

 

 

A propos Thierry Pacaud

Thierry Pacaud. Dirigeant, Coach Systémique exécutif certifié, Psychopraticien en entreprise en PNL et TCC systémique | Président du Cercle pour la Motivation | Ex Vice-Président Paris IdF de l’International Coach Federation

Un Commentaire

  1. merci pour ces explications. En effet c’est plus compliqué vis à vis de son supérieur. Mais cela dépend surtout de sa personnalité et parfois un n+1 aurai vraiment besoin de coaching pour améliorer son leadership !

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